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baudouin.gregory.over-blog.com

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Honneur et Patrie, telle est ma devise. Ancien des Troupes Aéroportées, je suis Président du Cercle Jean Moulin. Patriote Républicain; Jean Pierre Chevènement est, avec Jean Moulin, ma référence. Retrouvez ici ma chronique et l'actualité de Jean Pierre Chevènement


«  En leurs mémoires » par Grégory Baudouin

Publié par Grégory Baudouin sur 21 Mai 2015, 21:13pm

Catégories : #Grégory Baudouin, #la Chronique

Comme hier, « la marche de l’histoire » était consacrée aujourd’hui à Klaus Barbie. Hier, c’était la traque et l’arrestation; ce jour, le procès. Au cours de ces deux journées les invités étaient Béate et Serge Karlsfeld pour l’ensemble de leur œuvre si je puis dire. Jean Moulin étant mon mentor, je ne pouvais qu’écouter ces deux émissions avec appétit, et je ne fus pas déçu.

 

Je crois que les instants les plus dures furent d’entendre les témoins, entendre leurs voix, eux qui sont passés dans les mains, dans les griffes de Barbie, entendre les cris parfois comme cette femme, directrice de l’établissement, demandant au sujet des enfants d’Izieux : « et eux, c’était quoi, c’était quoi ! C’était des enfants, des innocents » alors que Altman, alias Barbie, dans le déni disait ne s’en prendre qu’aux soldats, à l’appareil militaire français et à la Résistance. J’aurais aimé voir cet homme de visu, comme j’ai vu Daniel Cordier.

 

Il émane de ces gens une puissance, comme des lieux de Mémoire. Lorsque le Cercle Jean Moulin est allé à la prison du Fort Montluc l’année dernière, il m’a fallu prendre une grande bouffée d’oxygène avant de rentrer dans la cellule 130. Du même genre que celle que j’ai dû prendre en visitant le camp de Royallieu – Compiègne où mon grand-père fut interné. On a l’impression, que leurs âmes y vivent encore. C’est quand même fou pour un incroyant comme moi de dire cela, et pourtant on a une impression de présence. Présence d’autant plus ressentie quand j’ai posé ma main sur les murs de la cellule de Jean Moulin, ou sur le mur des fusillés de Montluc ou encore celui d’Auschwitz. Je me revois gamin dans ce camp polonais de la mort, prenant un brin d’herbe et Maurice Cling, Déporté, qui me dit : «  tu sais à cette époque, il n’y avait pas d’herbe, nous la mangions, c’était source de vitamines ».  Plus tard regardant un lapin, j’étais heureux et triste. Heureux car malgré tout la vie, même ici avait repris force et vigueur ; triste car je me suis dit que le temps effaçait tout. Marie Jo Chombart de Lauwe l’avait bien compris ce jour-là, elle qui ne me dit mot mais dont le regard fut à l’identique de mes pensées, comme une communion, à la fois gaie et triste. C’est pour tous ces regards de témoins que j’ai croisé, célèbres ou pas, et tous ceux que je n’ai pas croisé, pour mes grands-parents, en leurs mémoires à toutes et tous que j’ai décidé de me battre pour la Mémoire. Et je me plais à penser que, quelque part peut-être, Joseph Mercier m’observe d’un œil, si ce n’est attendri, à tout le moins sympathique et vigilant.

 

Par le ciel, partout, pour tous, avec vigilance et persévérance, l’heure du repos n’est pas arrivée. Que le Force soit avec vous, Salut et Fraternité.

 

«  En leurs mémoires » par Grégory Baudouin

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